QUEL EST LE ROLE D’UNE BANQUE?

Collecter les fonds

Une banque propose contre l’ouverture d’un compte de gérer les dépôts de son client. En contrepartie d’un dépôt d’argent liquide ou d’un virement, elle crédite le compte d’une ligne avec la somme du dépôt.

Cette ligne est un transfert de propriété. En effet, elle ne signifie pas que l’argent mentionné est à vous mais que la banque reconnaît qu’elle a une dette envers vous du montant de la ligne. La nuance est majeure car la ligne sur le compte devient de la monnaie scripturale (voir l’article sur l’histoire de la monnaie), une sorte d’unité de compte…

Prêter de l’argent

Avec une partie de fonds déposés en garantie auprès de la Banque de France, appelé réserve obligatoire (au moins 1% des dépôts de la clientèle), une banque obtient le droit de prêter de l’argent à partir des dépôts existant ou de passer par un processus de création monétaire : elle inscrit sur le compte du client le montant de la somme prêtée.

Au final, lorsque le prêt est remboursé, la ligne initiale est détruite. Par contre, la part de monnaie correspondant aux intérêts revient à la banque. Ce qui a pour effet d’augmenter la masse monétaire globale et au final joue sur l’inflation (il faut plus d’argent pour acheter un même produit). Mais ceci est un autre sujet.

Ce sont donc bien les crédits qui font les dépôts et non l’inverse.

On dit aussi parfois que la banque crée de l’argent « ex nihilo » (à partir de rien, voir l’article sur l’histoire de la monnaie).

Vendre des services

Une banque est une entreprise et propose donc à ses clients des services tarifés ou non :

  • Tenue du compte avec relevés mensuels,

  • Délivrance de relevés d’identité bancaire

  • Domiciliation de virements bancaires

  • Mise à dispositions de moyens de paiement comme cartes bancaires, cartes de crédit ou chéquier

  • Des moyens de consultation et gestion à distance du compte bancaires

De plus, une banque propose bien souvent aussi des assurances (moyens de paiement, automobile, habitation), des abonnements de télésurveillance (en lien avec l’assurance habitation) et … des abonnements téléphoniques (là je n’ai pas trouvé de lien avec le cœur de métier d’une banque…).

Etre pérenne

Comme toute entreprise, que ce soit une banque autonome ou bien une caisse locale appartenant à un groupe, une banque doit dégager un bilan positif et est donc soumise aux impératifs de la comptabilité :

  • Les dépôts des clients + les fonds propres et les excédents + les avances versées par le groupe (refinancement) sont inscrits au PASSIF de la banque

  • Les crédits accordés aux clients + les locaux possédés + l’argent reversé au groupe sont inscrits (reversement) à l’ACTIF de la banque.

  • Aux intérêts perçus et commissions d’affiliation, sont déduits les intérêts versés (au groupe, à la banque centrale), les charges d’exploitations (informatique, salaires, …), les divers impôts et les provisions pour risque, pour aboutir à un résultat net.

LE SYSTEME BANCAIRE ET FINANCIER

Dans le chapitre précédent, nous avons vu le fonctionnement d’une banque autonome ou d’une banque au sein d’un groupe. Mais comment s’intègre cette banque dans le système bancaire et financier général ?

La Banque de France

Attention ce chapitre va vous surprendre !

Chaque banque est autonome et gère ses lignes de comptes (j’ai parlé d’unité de compte dans le précédent chapitre). Les lignes de compte dans le système informatique d’une banque est dans sa propre unité : ce ne sont pas des Euros !

Lorsqu’un échange doit se faire avec une autre banque (virement, versement d’un salaire, paiement d’un loyer, …), il apparaît donc un problème… En effet, l’unité de compte d’une banque A n’est pas acceptée par l’autre banque B.

La banque A émet donc son virement vers la Banque de France, seule garante de la convertibilité des unités de compte, puis la Banque de France émet un virement en Euros vers la banque B. La banque B inscrit sur la ligne du client le virement dans son système d’unité de compte.

Voici pourquoi un virement intra-banque est immédiat (même entre deux clients différents) et un virement inter-banques prend 2-3 jours !

La Banque de France est :

  • le garant de la stabilité monétaire et financière,

  • le gardien des réserves de change de la France (avoirs en devises étrangères et en or),

  • le garant de la sécurité des moyens de paiements,

  • au service des entreprises (notation, évolution de la conjoncture, diagnostics économiques et financiers, médiateur du crédit),

  • au service des particuliers (traitement des situations de surendettement, intermédiaire auprès des banques pour disposer d’un compte bancaire, fichier central des chèques, fichier des incidents de remboursement des crédits).

Les premières missions sont cependant de plus en plus traitées au niveau européen.

La Banque Centrale Européenne (BCE)

La BCE, dont le siège est à Francfort (Allemagne, 1 Euro valait 1.95583 Deutsche Mark en 1999…*) a pour mission de :

  • Gérer l’Euro (fixer les taux directeurs au sein de la zone Euro ** et contrôler la masse monétaire),

  • Maintenir la stabilité du système financier (surveillance des institutions et des marchés financiers),

  • Superviser les banques des pays de la zone Euro (autoriser les banques centrales à émettre les billets libellés en Euros),

  • Maintenir la stabilité des prix dans les pays utilisant l’Euro (surveiller l’évolution des prix et évaluer le risque),

  • Mettre en œuvre la politique économique (économie de marché ouverte où la concurrence est libre et non faussée),

  • Coordonner la coopération entre les banques centrales des 19 états membres de la zone Euro (gérer les réserves de devises étrangères des pays de la zone Euro afin de maintenir l’équilibre des taux de change).

Les taux directeurs sont les taux d’intérêt fixés par une banque centrale relative à un pays ou à un groupe de pays : Banque Centrale Européenne (BCE) dirigée par Mario Draghi, Federal Reserve System (Fed) dirigée par Jerome Powell

Le pilotage de ces taux est un instrument de politique monétaire, qui permet d’agir sur la vie économique d’un pays. En effet, le taux directeur influence directement le prix du crédit et de l’épargne octroyés par les banques privées qui répercutent les taux de la banque centrale.

Quand les taux baissent, le crédit devient plus facile et les dépôts sont moins rémunérés. Cela favorise la consommation par rapport à la thésaurisation.

Quand l’économie s’emballe, les taux directeurs sont augmentés pour diminuer les dépenses et ralentir l’inflation.

Il existe 3 taux directeurs qui peuvent prendre des noms différents en fonction des pays :

  • Le taux de refinancement (le principal taux annoncé par les médias) il permet de fournir contre garanties des liquidités aux banques. Actuellement à 0%, les banques empruntent gratuitement pour se financer auprès de la BCE !

  • Le taux de rémunération des dépôts taux de rémunération des dépôts que font les banques auprès de la banque centrale. Actuellement à -0.4% (= les banque préfèrent perdre de l’argent en déposant des liquidités auprès de la BCE que de prêter de l’argent !),

  • Le taux d’escompte ou prêt marginal (en Europe) c’est le taux au jour le jour auquel la Banque centrale prête des liquidités aux banques. Actuellement à 0.25%, argent quasi gratuit donc…

* 1 Euro valait 6.55957 Francs français en 1999… donc 1 DEM valait 3.35 FRF.

** La zone euro a été créée en 1999 par onze pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, rejoints par la Grèce en 2001, par la Slovénie en 2007, par Chypre et Malte en 2008, par la Slovaquie en 2009, par l’Estonie en 2011, par la Lettonie en 2014 et par la Lituanie en 2015. Plusieurs critères sont nécessaires pour rejoindre la zone euro : ces critères sont dans le traité de Maastricht.

Poids des différents pays dans le PIB de la zone euro, en %

    LE SYSTEME BANCAIRE MONDIAL

    La Banque des Règlements Internationaux (BRI ou Bank for International Settlements / BIS en anglais)

    Crée en 1930, c’est la plus ancienne institution financière internationale. Elle fut établie pour régler les modalités des réparations de guerre imposées à l’Allemagne par le traité de Versailles (d’où son nom) et aussi pour distribuer les financements de la reconstruction européenne. Sa fonction initiale étant devenue obsolète, elle est devenue le lieu de dialogue des grandes banques centrales.

    Son statut juridique est celui d’une société anonyme dont les actionnaires sont des banques centrales. Elle est située à Bâle (Suisse) et est surnommée « la banque centrales des banques centrales ». Elle est présidée par Jens Weidmann (Banque férérale d’Allemagne).

    Le Fonds Monétaire International (FMI)

    Créé en 1944, le FMI vise à établir un cadre de coopération économique et financier à l’échelle mondiale visant notamment à :

    • promouvoir la coopération monétaire internationale,

    • faciliter l’expansion et la croissance du commerce mondial,

    • promouvoir la stabilité des changes,

    • aider à établir un système multilatéral de paiements,

    • mettre en œuvre ses ressources (moyennant garanties) à la disposition des pays confrontés à des difficultés de balance des paiements.

    C’est Christine Lagarde (France) qui est à la tête du FMI.

    Pour mettre en œuvre son assistance financière, le FMI dispose de larges ressources, composées principalement du versement des quotes-parts des états membres en fonction de leur poids économique relatif.

    Néanmoins, le FMI a créé sa propre devise : Les Droits de Tirage Spéciaux (DTS, Special Drawing Rights / SDR en anglais) !

    Le DTS est constitué d’un panier de devises. Depuis octobre 2016, la composition est la suivante :

    • 41.73% de Dollars US

    • 30.93% d’Euro

    • 10.92% de Renminbi chinois

    • 8.33% de Yen japonais

    • 8.09% de Livre anglaise.

    La valeur du DTS est exprimée en Dollars US et est déterminé chaque jour par le FMI en fonction des cours des devises constituantes du panier.

    REGLEMENTATION ET GARANTIES

    L’Autorité des Marchés Financiers (AMF)

    L’AMF est née en 2003 de la fusion de la Commission des Opérations de Bourse (COB), de la Commission des Marchés Financiers (CMF) et du Conseil de Discipline de la Gestion Financière (CDGF).

    Elle est en charge :

    • de la surveillance des opérations et de l’information financière des sociétés cotées,

    • des produits d’épargne collective (SICAV, FCP, épargne salariale),

    • surveillance des marchés et de leurs infrastructures.

    Tous les sites, intermédiaires ou courtiers qui n’ont pas d’agrément par l’AMF sont à fuir pour investir.

    L’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR)

    L’ACPR est née en 2010 de la fusion de la Commission Bancaire (CB) avec l’Autorité de Contrôle des Assurances et des Mutuelles (ACAM) et des organismes de régulation (Comité des Etablissements de Crédit et des Entreprises d’Investissement et Comité des Entreprises d’Assurance).

    Elle contrôle, surveille et sanctionne :

    • les banques,

    • les entreprises d’investissement,

    • les entreprises d’assurance,

    • les mutuelles et institutions de prévoyance,

    • les intermédiaires dans le domaine de la banque et de l’assurance (courtiers).

    Les fonds de garantie

    Chaque établissement (banque ou assureur) verse une cotisation annuelle pour provisionner 3 mécanismes de garantie prévus par la loi :

    • La garantie des dépôts et espèces, gérée par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR),

    • La garantie des titres, gérée par le FGDR,

    • La garantie des assurances, gérée par le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP).

    Au 31 décembre 2016, le montant des fonds propres du FGDR s’établit à :

    • Garantie des dépôts : 3 382 millions € 33 820 clients à 100 000€…

    • Garantie des titres : 153 millions € 2 186 clients à 70 000€…

    (Source Rapport FGDR annuel 2016 – Les comptes de l’exercice)

    Fin 2017, les ressources du FGAP représentent 835 millions €. S’y ajoute la faculté d’emprunt auprès des sociétés adhérentes au Fonds pour un montant identique.

    La capacité d’intervention du FGAP est donc de 1,670 Milliards € (Source site FGAP) 23 857 clients à 70 000€… Pour information, rien que l’encours sous gestion en fonds Euros des assurances-vie s’élève en 2017 à 1 676 Milliards € (= le FGAP serait en capacité de garantir 10% des encours en fonds Euros)…

    Depuis octobre 2016, pour protéger les épargnants / éviter de mettre en difficulté un assureur (rayer la mention inutile), le gouvernement français a prévu dans la loi Sapin 2, article 21 Bis, de limiter les retraits ou versements et les arbitrages des épargnants sur les fonds Euros de leur contrat d’assurance-vie en cas de risque systémique. Cela signifie que le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) pourra désormais, sur proposition de la Banque de France, geler de manière temporaire les contrats d’assurance-vie des épargnants (hors versements suite au décès du titulaire ou rentes viagères). La mesure est toutefois limitée à 3 mois mais est renouvelable si les conditions ayant justifié sa mise en place n’ont pas disparu.

    CE QU’IL FAUT RETENIR

    Diversification des banques et assureurs

    Il faut fractionner ses dépôts sur plusieurs banques : 1 banque classique de réseau et 1 banque en ligne à minima.

    Second avantage, pouvoir diversifier ses moyens de paiement : une carte Visa chez l’un, une carte Mastercard chez l’autre. Les assurances et avantages liés à chaque carte sont différents. Si le réseau de l’une est en panne, l’autre fonctionne !

    Conseil supplémentaire : avoir avec ses papiers dans son portefeuille un chèque de banque. Si vous êtes au supermarché et que le système informatique de paiement est en panne, vous pourrez toujours payer !

    Je n’ai pas encore testé le paiement via des applications sur smartphone mais il va être soumis aux problèmes informatiques et électriques. Et je n’ai pratiquement jamais de monnaie sur moi…

    Avoir plusieurs assurances-vie chez plusieurs assureurs. On pourra ainsi mettre en place différentes stratégies de gestion (gestion sous mandat chez l’un et gestion active sur trackers chez l’autre). Il faut savoir que chaque bénéficiaire a droit à un abattement de 152 500€ hors succession, tous contrats confondus. Donc aucun problème d’avoir plusieurs contrats et assureurs, il faut juste que le / les bénéficiaire(s) soient au courant pour réclamer leur dû.

    Diversification des produits

    Dans une banque, avoir des comptes (courant, PEL) et des livrets garantis (livret A dans l’une et LDDS dans l’autre).

    Dans une banque ou chez un coutier, profiter d’un PEA ou PEA/PME et d’un compte-titres pour détenir des actions, trackers, OPCVM.

    Diversification des devises / zones géographiques

    Afin de limiter le risque systémique de défaillances bancaires, on devrait avoir des banques en dehors du pays, voir en dehors de la zone Euro…

    Ceci est tout à fait légal et permis, il suffit de déclarer à l’administration la détention d’un compte à l’étranger (adresse de la banque et numéro du compte, le contenu n’est pas connu de l’administration fiscale !).

    Donc on pourra ouvrir un compte auprès d’une banque à l’étranger (détenant une licence bancaire) : N26 (banque en ligne, Allemagne), Revolut (banque en ligne, Grande-Bretagne), mais aussi Crédit Suisse en Suisse, la Mauritius Commercial Bank à Maurice…

    Idem pour les courtiers avec le plus connu et solide d’entre tous (utilisé par les fonds de pensions américains) : Interactive Brokers aux Etats-Unis.

    L’idéal sera de répartir son capital sur un panel géographique élargi et sur des devises refuges (Francs suisse, Yen chinois, …). Certains comptes peuvent être multi-devises et héberger plusieurs devises (par exemple pour reproduire la proportion des DTS).

    En conclusion

    Ne pas croire aux promesses des politiques et aux fonds de garantie.

    Si problème il y a, tout sera mis en œuvre pour sauver… le système (se référer à la crise à Chypre en 2012-2013).

    Le principe général est d’avoir une répartition de son capital sur plusieurs satellites et de ne pas être concentré. Si un satellite connaît une défaillance, l’impact sur l’accès au capital est limité.

    Pour information, voici la répartition actuelle de mes avoirs financiers (pour moi, mais aussi partiellement pour mes enfants, exclusivement en France) :

    Si vous souhaitez aller plus loin dans la compréhension du mécanisme d’argent-dette et des liens entre les banques et l’économie, j’ai sélectionné cette vidéo, certes engagée, qui risque de vous faire réfléchir.

    Dette, crise, chômage : qui crée l’argent ? – Version courte 44 min. Gabriel RABHI (Inter-Agir.fr)

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