Lexique de la culture financière

Les principes pour atteindre la forme financière et devenir un bon épargnant et investisseur – Partie 2 – De N à Z

N comme…

Notation!

Triple A, BB ou CCC ? Vous avez déjà entendu ces termes mais ne savez pas ce qu’ils veulent dire ? Pourquoi vous seraient-ils utiles… ?

Ce sont des évaluations qualitatives sous forme d’une note d’une société / d’un état ou d’un titre émis par une société / un état (obligation, prochaine lettre), notamment au regard de sa solvabilité.

De AAA la meilleure qualité de crédit à D défaut de paiement en passant par BB spéculatif, ces notations permettent aux entreprises ou aux états de se financer sur les marchés. Meilleure est leur notation et plus bas est le taux d’emprunt.

Si la notation est dégradée, le prochain emprunt (généralement pour « rouler sa dette » = on emprunte pour continuer à rembourser ses précédentes dettes) sera plus cher (et donc le remboursement des dettes passées va devenir plus dur = système infernal !).

Donc si la notation de France venait à se dégrader, le remboursement de sa dette (2347 Mds €, +2665€ par seconde) deviendrait presque impossible et l’état risquerait de faire faillite (c’est déjà arrivé par le passé). Vos fonds Euros en assurance-vie seraient saisis, vos comptes bloqués puis ponctionnés… Demandez aux chypriotes en 2012-2013 !

O comme…

Obligation!

C’est un titre négociable représentant la part d’un emprunt émis par un état, une collectivité publique, une entreprise nationale ou une société privée. Le terme désigne d’une part le titre matériel émis (la France vient d’émettre une obligation) et d’autre part la créance elle-même (je détiens des obligations françaises et j’ai le droit d’obtenir un remboursement).

Les obligations d’état les plus connues sont les :

  • OAT (Obligations Assimilables du Trésor), obligations émises par l’Etat français, dont la durée est comprise entre 7 et 30 ans.
  • Bunds, obligations d’état émis par l’Allemagne (équivalent de l’OAT française) qui sert parfois de référence pour le calcul de l’écart entre le taux de rentabilité des obligations de la zone euro et celui d’un emprunt sans risque de durée identique. (Quoi ? L’Euro aurait été fait pour l’Allemagne ? Hum…)
  • T-Notes ou Treasury Notes (billets de trésorerie), titres de créance obligataires à moyen terme (de 1 à 10 ans) émis par le Département du Trésor des États-Unis. Leur rémunération est assurée par un coupon payé tous les six mois au souscripteur. Pour les durées supérieures à 10 ans, ce sont des T-Bonds.

Les fonds Euros des assurances-vie classiques sont composés de :

  • 34% en obligations d’états,
  • 47% en obligations d’entreprises,
  • 9% en actions,
  • 7% en immobilier,
  • 2% en monétaire,
  • 1% en produits autres.

Dans la poche obligataire du fonds Euros des assurances-vie, on retrouve :

  • 8% d’obligations notées AAA (voir la lettre précédente),
  • 44% notées AA,
  • 21% notées A,
  • 24% notées BBB,
  • 2% notées BB,
  • 1% autres.

Notez que le rating moyen est A+, c’est pour cela que ça ne rapporte pas beaucoup mais que c’est sûr (enfin presque…).

(Crédits photo : Numistoria.com)

Emprunt de l’Etat Russe 4.5% de 1909

P comme….

Payez-vous en premier!

Ce principe est l’un des plus importants facteur de la mise en forme financière. Les personnes qui systématiquement se paient en premier et gardent toujours cet argent dans des épargnes sont toutes financièrement en forme.

Le concept est apparu en 1926 dans le livre « L’homme le plus riche de Babylone » de George S. Clason. Il est néanmoins très décrié car il n’est pas assez explicite pour les gens.

Se payer en premier revient à épargner (effectuer un virement automatique) un pourcentage (beaucoup disent 10%, ce qui ne tient pas compte de la situation personnelle…) de ce qu’on gagne (salaire principalement).

Déjà, certaines dépenses sont contraintes (factures, logement, etc…), donc on ne peut épargner que sur le reste à vivre !

Cas 1 : Si le reste à vivre est entièrement consommé → rechercher comment baisser les dépenses contraintes (changement de fournisseur d’électricité / gaz, rachat / regroupement de crédit…) puis progressivement dégager une épargne. En complément baisser les dépenses non contraintes (restaurant, forfait téléphonique…) ET/OU augmenter ses revenus (repasser à temps plein, vendre tout ce qui nous sert plus…). Le but est de créer une dynamique constructive de richesse.

Cas 2 : Si le reste à vivre n’est pas entièrement consommé → mettre en place un virement automatique (tous les 1ers du mois) vers un compte (fonds d’urgence). Progressivement, prendre les mêmes mesures que dans le cas 1 ET augmenter la part de l’épargne (le virement automatique). Vous vous habituerez petit à petit à vivre avec moins, si, si, je vous le garantis!

Ce qu’il faut comprendre dans ce principe est que si on attends de faire ses comptes en fin de mois, normalement tout l’argent est dépensé (c’est la cigale de la Fable). Si on se met dans une dynamique de s’habituer à vivre avec une certaine somme, on change son rapport avec ses finances (attention quand même de ne pas devenir fourmi, il faut s’avoir de faire plaisir aussi !).

Q comme…

Quantitative easingQE », assouplissement quantitatif en V.F.) !

L’économie suit des cycles qui se répètent : prospérité, euphorie et surchauffe, récession puis dépression. Le moteur de l’économie est le crédit bancaire. Quand tout va bien on a envie d’emprunter de l’argent pour construire le futur. Quand la machine se grippe, les entrepreneurs diminuent leurs dépenses et la demande de crédit baisse. Pour stimuler l’économie, les banques centrales baissent alors leurs taux directeurs (crédit moins cher = plus de demandes).

Si une phase de récession est engagée et que même des taux proches de 0 ne suffisent plus, les banques centrales n’ont plus d’autres choix que de faire fonctionner… la planche à billet.

On parle alors de « politique monétaire non conventionnelle » : les banques centrales achète massivement des actifs financiers (comme les obligations) afin d’injecter des liquidités dans l’économie. Ce sont les QE de la FED (banque centrale US) ou de la BCE (banque centrale européenne).

La manipulation des taux directeurs et l’injection de liquidité nécessitent un doigté subtil sous peine de déclencher une inflation incontrôlée (la monnaie ne valant plus rien). Actuellement la FED « normalise » son bilan (=arrête les QE) et remonte progressivement ses taux directeurs, histoire de se laisser une marge pour la prochaine crise. Contrairement à la BCE, qui maintient ses taux directeur très bas et commence à peine d’arrêter ses achats d’actifs…

Le problème des QE est que les liquidités sont reversées dans le système financier et très peu finissent dans les poches des citoyens… C’est pourquoi certains demandent une injection directe de monnaie dans l’économie sous la forme d’un dividende citoyen. On parle alors d’« Helicopter money » (l’équivalent de jeter des billets à la foule par hélicoptère…).

R comme…

Prendre sa retraite !

C’est une erreur d’associer retraite avec âge ou nombre d’année de travail.

En fait, vous êtes prêt à prendre votre retraite quand vous avez assez de revenus passifs avec lesquels vous pouvez vivre votre vie.

Qu’est-ce qu’un revenu passif ? C’est un revenu qu’on touche à l’instant t sans avoir besoin de travailler à l’instant t.

Des exemples de revenus passifs :

  • toucher des dividendes sur des actions,
  • toucher des loyers d’un bien immobilier en location,
  • vendre en automatique des créations numériques (les siennes ou en affiliation)…

S comme…

Stock-option !

Ce terme est associé aux cadres dirigeants dans les grandes entreprises et souvent lié à une mauvaise image de rémunérations indécentes…

En fait, il s’agit tout simplement de l’attribution au salarié d’une option sur un certain nombre de titres de l’entreprise (stock = action en V.F.) à un prix fixé et avec une décote par rapport au cours boursier du moment de l’attribution.

En clair, le salarié se voit offrir des actions de la société avec un prix en dessous du marché. Le salarié a la possibilité d’exercer son option à tout moment et de vendre ses actions au prix du marché pour empocher la différence.

C’est donc une partie de la rémunération qui est variable et dépendra des résultats de l’entreprise. C’est un moyen d’associer le salarié à la performance de l’entreprise.

On retrouve ce principe dans le Plan d’Epargne d’Entreprise (PEE) avec la possibilité d’abonder un fonds indexé sur le cours de l’action ou par la souscription à des actions de l’entreprise à un prix préférentiel.

T comme…

Taux directeurs! 📉

Le taux directeur est le taux d’intérêt fixé par une banque centrale relative à un pays ou à un groupe de pays : Banque Centrale Européenne (BCE) dirigée par Mario Draghi, Federal Reserve System (Fed) dirigée par Jérôme Powell…

Le pilotage de ces taux est un instrument de politique monétaire, qui permet d’agir sur la vie économique d’un pays. En effet, le taux directeur influence directement le prix du crédit et de l’épargne octroyés par les banques privées qui répercutent les taux de la banque centrale.

Quand les taux baissent, le crédit devient plus facile et les dépôts sont moins rémunérés. Cela favorise la consommation par rapport à la thésaurisation.

Quand l’économie s’emballe, les taux directeurs sont augmentés pour diminuer les dépenses et ralentir l’inflation.

Il existe 3 taux directeurs qui peuvent prendre des noms différents en fonction des pays :

  • Le taux de refinancement (le principal taux annoncé par les médias) → il permet de fournir contre garanties des liquidités aux banques. Actuellement à 0%, les banques empruntent gratuitement pour se financer auprès de la BCE !
  • Le taux de rémunération des dépôts → taux de rémunération des dépôts que font les banques auprès de la banque centrale. Actuellement à -0.4% (= les banque préfèrent perdre de l’argent en déposant des liquidités auprès de la BCE que de prêter de l’argent !),
  • Le taux d’escompte ou prêt marginal (en Europe) → c’est le taux au jour le jour auquel la Banque centrale prête des liquidités aux banques. Actuellement à 0.25%, argent quasi gratuit donc…

U comme…

Utilisation productive de l’argent!

Penser utilisation productive de l’argent, c’est dépenser de l’argent pour quelque chose qui vous rapportera plus d’argent.

Acheter une voiture n’est pas utiliser son argent de manière productive. Son prix se déprécie très vite et il faut payer entretien, carburant et assurance. On dit de ce bien que c’est un PASSIF.

Acheter un appartement et le mettre en location est une utilisation productive de l’argent. Le locataire rembourse tout ou partie des mensualités du crédit et à long terme le bien s’autofinance et finit par dégager du cashflow. On dit que ce bien est un ACTIF.

Pour vous aider dans vos décisions d’investissement, vous pouvez vous poser ces 4 questions :

  • Pendant combien de temps puis-je immobiliser l’argent ? = Quel est l’horizon de placement sans toucher à l’argent ?
  • Quel risque suis-je prêt à prendre ? = Quelle somme d’argent suis-je prêt à perdre si tout ne se passe pas comme prévu ?
  • Quel est la liquidité de ce placement ? = Est-ce qu’en cas de problème je peux facilement récupérer mon argent ? (souvent en lien avec l’horizon de placement et le risque)
  • Quel est le rendement de ce placement ? = Combien va me rapporter ce placement après imposition en comparaison avec l’inflation ?

V comme…

Vivre à l’intérieur de vos moyens!

Qui n’a pas entendu cette phrase ? : « Lui, il vit au-dessus de ses moyens. Il sort tous les week-end et s’affiche aux bras de jolies filles »

Trêve d’humour… Cette phrase affirme que vous ne devez pas dépenser plus que ce que vous avez. Et même mieux, vous ne devriez pas dépenser plus que ce que vous gagnez. Ceci est essentiel pour être en forme financièrement.

Une fois vos dépenses contraintes réglées (loyer, assurances, électricité, chauffage, …), vous devez faire en sorte que votre reste à vivre suffise pour :

  • Epargner (fonds d’urgence, projet),
  • Dépenser pour vivre (nourriture, habillement, …)
  • Vous détendre (loisirs, sorties, …)
  • Et… vous former (lire, Internet, forum, séminaire,…).

Si vous n’y arrivez pas, 2 solutions : diminuer vos dépenses ET / OU augmentez vos revenus.

Bien sûr cela nécessite de maîtriser sa part d’égo.

W comme ???

Warrant…( oui il a fallu que je cherche pour cette lettre 😅)

Le warrant est un instrument financier à effet de levier permettant de jouer à une échéance donnée une valeur ou un indice. On parle aussi d’ »option ».

Ce produit dérivé est émis par un établissement bancaire et négocié en bourse. Un warrant donne à son porteur le droit, mais non l’obligation, d’acheter (warrant call) ou de vendre (warrant put) un actif sous-jacent (qui peut être par exemple un indice, une action, une devise, une matière première, etc…) à un prix déterminé à l’avance, à ou jusqu’à une date donnée (la date d’échéance ou de maturité).

Pour acheter un warrant, un investisseur paye une prime qui est, dans la très vaste majorité des cas, très inférieure au prix de l’actif sous-jacent (effet de levier).

Le titre peut être négocié tout au long de son existence. Ce qui permet à l’investisseur de s’en défaire en empochant la différence. Comme tout titre à effet de levier, le risque de perte est lui aussi démultiplié si on a parié dans le mauvais sens d’évolution du cours de l’actif sous-jacent.

X comme ???

Croix de la mort !

En analyse graphique, étude des courbes des prix d’un actif boursier, une croix de la mort s’observe lorsqu’une moyenne mobile courte brise en chutant une moyenne mobile longue descendante.

Ce franchissement est considéré comme un signal de vente par beaucoup d’investisseurs.

Les investisseurs boursiers regardent l’évolution des moyennes mobiles arithmétiques à 50 jours et à 200 jours.

Lorsqu’une croix de la mort apparaît, des gros investisseurs peuvent vouloir se retirer des marchés et ainsi provoquer facilement une chute de 15% des cours (CAC40 en 2015).

Une croix de la mort est apparue fin novembre 2018 sur le NASDAQ (indice américain des technologies) et début décembre sur le SP500 (indice américain large). Sur les marchés européens, la croix de la mort a été validée en octobre sur le CAC40 (France) et en mars sur le DAX30 (Allemagne).

Y comme…

Yield !

Yield est un terme anglo-saxon qui désigne le rendement d’un titre.

On parle souvent d’obligations high yield : ce sont des obligations à haut rendement car de nature spéculative, sur des titres donc la notation est inférieure à BBB 😉

Ces obligations sont émises par des sociétés en difficulté ou présentant une faible surface financière, c’est-à-dire un niveau d’endettement élevé (LBO par exemple).

La rémunération de ces titres, comme leur niveau de risque, est donc très élevée. Cela leur donne un caractère spéculatif incontestable. On les appelait autrefois junk bonds («obligations pourries»).

Z comme…

Zone Euro (ou EUROLAND en anglais)!

La zone Euro (ou Union économique et monétaire – UEM) est l’ensemble géographique constitué par les 19 pays de l’Union européenne qui ont adopté l’euro comme monnaie nationale. Plusieurs critères sont nécessaires pour rejoindre la zone Euro : ces critères sont dans le traité de Maastricht.

La zone Euro a été créée en 1999 par onze pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, rejoints par la Grèce en 2001, par la Slovénie en 2007, par Chypre et Malte en 2008, par la Slovaquie en 2009, par l’Estonie en 2011, par la Lettonie en 2014 et par la Lituanie en 2015.

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